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Bonjour à tous. Avec toujours plus de créateurs, Indépend'Art est dédié à l'artiste contemporain et à ses oeuvres d'art, au travers de divers outils dont un édito periodique, un annuaire des différents artistes et lieux culturels, un agenda des manifestations etc. Merci de votre visite, à bientôt.
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Du nouveau Chez Alain : Alain Prat Sulpteur sur métal vous présente ses nouvelles créations.
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Promesse
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Fierté d'une mère |
Premiers pas |
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La vérité du soi :: [4 lecture(s)] |
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L'édito du Mainate! : Septembre 2010
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La vérité du soi
Aux heures creuses de la nuit, au silence de la lune, dans l'obscurité de son clair, je devise sans départir. Je m'offre aux souffles féconds, j’étire et retire mon esprit qui comme une mer d'huile file sans laisser de rides à sa surface. J'accapare un espace large et vaste et ne connaît pas de limites. Je capte une poussière de lumière et les bruits d'antiques paroles perdues dans l'immensité du tumulte.
Sans cesse rabattu par des vents contraires, une houle de questions assaille mon esprit divagant. Je tergiverse certes, je taille dans la réalité de mes élucubrations, je dissèque et j’examine.
Et si la règle se dévoile sans se nommer c'est que l'exception lui fait défaut, et cette absence ne doit rien au hasard. Parce qu'il en va des choses comme des éléments qui ne sont pas autres ou étrangers à eux-mêmes.
Car les choses ne connaissent pas la variabilité des caractères qui versatiles et frivoles oscillent entre de sibyllines acceptions et de superfétatoires illusions.
Les choses ne sont que ce qu'elles sont, c'est même là leur caractéristique de marque. Indolores et incolores et indociles.
La voix de leur voie s’entrechoque tandis qu’entre les reins d’encre nyctalope ma liberté de n'importe quand croise d'impossibles penchants de n’importe quoi et je reste en retrait à éplucher ma part d'ombre.
Les méandres labyrinthiques forment un voyage dans l'esprit dont les parcours sinueux perdent ma trace.
Je divague et dis vague à chaque reflux. Je ne sais pas. Les décombres de mes idéations, leurs formes oblongues et fuselées, la rutilance de leur perfection, brisent le frêle esquif. Je navigue à vie. Je vis à la mort.
Rien ne m'appartient de ce qui importe et ce qui dépend de moi flue à travers mes questions lancinantes erratiques et imperfectibles.
Toute vérité est-elle bonne à dire ? Sait-on ne pas mentir ? Où commence la réalité ?
J'affirme et j’infirme. Tout et son contraire. Et vice et versa.
Je délie les liens tenus de mon désir et digresse toutes voiles dehors.
Soudain le battement d'ailes d'un papillon et aux irisations vertes et violettes perce de sa lueur la pénombre, j’ouvre les yeux. Mais ne vois pas.
Les yeux scrutent une ondulation mystérieuse sorte de repli de l’obscurité dont il faudrait percer le secret.
La nuit à perte de vie comme une étendue opaque.
Les heures à penser ne pèsent rien et mes conclusions sont passagères car mon esprit est un grand incontinent et ne peut retenir son souffle, sa respiration composite alimente une source intarissable.
Les enchevêtrements de leur disposition donnent une architecture agencée comme une toile d’araignée souple et élastique.
Et parfois au fond de ma nuit mes idées sont lumineuses.
Le Mainate
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Je suis content que ma mère soit une femme :: [69 lecture(s)] |
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L'édito du Mainate! : Avril 2010
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Je suis content que ma mère soit une femme
Un jour alors que j’étais je ne sais où faisant je ne sais quoi quelqu’un me dit :
« Vous m’avez déçu »
Immédiatement m’est venue cette réplique que je me plais à reproduire ici car n’étant pas de ma plume je peux à mon aise dire qu’elle est d’une pure merveille :
« Déçu ? Je vous ai déçu mais sachez monsieur que je suis né déçu. A la maternité quand j’ai su que j’aurai à faire à des gens comme vous j’ai failli retourner de là où je venais !
Là je me vantais un peu car vu les problèmes que j’ai eu avec ma mère hors d’elle je n’ose imaginer ce que ça aurait donné si j’avais dû rester dedans !
C’est du Bedos tout craché.
Ça dessoude la bouche, décape l’esprit et rince le malotru.
Immoral et foutrement délicieux.
C’est vrai que je parle souvent de ma mère parce que sans doute c’est de là que tout a commencé. Je veux dire que je suis conscient que sans elle je n’existerais pas. Pourtant sa vie aurait été bien différente si elle avait accepté le deal de mon géniteur de père : un permis de conduire (rare à l’époque pour une jeune femme chilienne de cet an1969), la voiture idoine (même remarque entre parenthèses), un avortement dans une belle clinique de Buenos Aires et assez de billets.
Toujours du liquide comme pour se la ver de s’être répandu n’importe comment.
Ce sera sa marque de fabrique à lui des années durant.
Comme pour gommer les scories d’une culpabilité de l’erreur.
Comme pour faire disparaître l’acte.
Comme si cette fiction du il ne s’est rien passé avait pu exister.
Elle a choisi de me garder et pire de m’élever. Ce qui en son langage voulait dire me hisser. Faire du petit animal chétif et fragile une bête formée, galbée par son éducation exigeante et folle.
Préférer se rendre à l’Opéra plutôt que de payer son loyer, ne jamais perdre une occasion pour rire de sa pauvreté, être dérisoire dans l’attrait aux choses matérielles et à toute forme de réussite indécente, ne jamais se contenter du savoir acquis, lire des livres aux titres improbables et pleurer en s’en prenant aux maudits oignons alors que c’est l’émotion d’un boléro insipide qui remue les entrailles, crier pour n’importe quoi sur le premier qui passe dans son orbite, établir des listes de choses à faire et comment les faire, de classiques de la littérature de tout les temps dans une visée circéene de l’accumulation inutile parce que la Culture est immaculée et tient lieu du seul bien qui vaille et la fatalité n’existe que par la place qu’on lui accorde, m’apprendre le français par la seule volonté, conclure que je n’aurais jamais terminé de me modeler, de me façonner, de m’améliorer sans jamais toucher à la perfection parce que là n’est pas la finalité, croire que la religion sert le dessein d’une humanité œcuménique et respectueuse, appliquer la futilité aux choses sérieuses et du sérieux aux choses futiles. Elle qui est catholique, fille d’une lignée de marranes séfarades. Elle qui préférera partir d’un Chili rendu trop ennuyeux selon sa formule cynique tournant le dos à une promotion prestigieuse au sein de la fonction publique d’État. Elle qui refuse de se déclarer réfugiée politique alors que le statut est confortable et lui tend les bras à son arrivée en Europe. Elle qui aurait pu partir en Australie accueillie par un de ses profs de fac bien placé et la même en Suède. Elle qui écrit le français quasiment sans faute à force de besogne le soir tard ou tôt le matin pour ne pas entraver ses obligations familiales. Qui fait un AVC prend une tisane et va au lit parce que demain sera un autre jour.
Elle qui me laboure le cerveau lors de notre arrivée en France pour que je conçoive bien la chance inouïe qui est la mienne de me trouver dans la patrie de Zola, Hugo et les autres, qui débouche la seule bouteille de champagne de sa vie le jour où elle reçoit sa première feuille d’imposition sur le revenu et qu’enfin elle exulte en chantant sa joie de participer à la République. Elle qui m’a donné le souffle de l’attachement à mon pays d’aujourd’hui. Elle qui m’insupporte et qui m’exaspère.
Pour toutes ces raisons et bien d’autres je suis content que ma mère soit une femme.
Le Mainate
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