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- Samedi 28 janvier 2012 - 09:15 -

 

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Fabrice

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  Les souvenirs ne disent pas tout :: [60 lecture(s)]
L'édito du Mainate, réflexions contemporaines...

L'édito du Mainate! : Octobre 2011

Les souvenirs ne disent pas tout

Une pensée
Qui fait sens et lumière
Une odeur
Un souffle
Une caresse
Des peaux qui se frôlent
Et se touchent
Et se mêlent
Se fondent et se confondent
Là où la nuit se fait jour
Le clair est obscur
La lune une menteuse
Un parfum d'écume
La solitude blessure vive
Au présent des secrets
Discrets sous influence
Suaves et délicieux
Voyage sans détour
L'école est finie
Les âmes aux orties
L'amour interdit
Larmes sèches et sourires de façade
Des lèvres pleines douces et idiotes
Rictus de parade
Faire pour se défaire
Les étoiles sans tain
Le futur imperméable
Aux certitudes de demain
Pas en pas hors du temps
Se pencher vers le vide
Noyer les étreintes
La pluie et le vent
Encore la nuit
Pour un instant
Deux mètres carrés de paradis
Des carnets dans des tiroirs
Lignes
Signes
Songes et méandres
Ombres chinoises
L'ancre de l'encre
Et les temps incertains
Se taisent perfides
Des cartes et des labyrinthes
Du monde en son devenir
Faisons festin de notre destin

Le Mainate

Ajouté le Lundi 24 octobre 2011 à 15:38 par famo

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  Juste au coin du monde :: [51 lecture(s)]
L'édito du Mainate, réflexions contemporaines...

L'édito du Mainate! : Août 2011

Juste au coin du monde

Il y a des soirs où le monde pèse et des jours où je voudrais m’enfouir dans un terrier bien aménagé pour y demeurer à l’abri du monde.
Et alors même que je sais que cette chimère ne me protège en rien des affres de la surface je finis par souscrire à son dessein et me laisse porter par l’idée.
Je me terre. Je disparais. En me dissolvant comme une tache de champagne ne laisse pas d’auréole sur la nappe immaculée. Je fuis au plus profond. Je me mure dans les tréfonds de mon existence sans consistance. En un lieu où le temps se suspend et l’air y est rare.
Pour vivre la fiction de la dissipation de tout mon être.
Pour ressembler aux esprits et aux fantômes de légende. Ne plus se mouvoir que par capillarité entre les dimensions. Sans esquisser le moindre mouvement comme s’il pouvait m’être fatal et me briser en mille morceaux qui une fois épars et jonchant le sol disloqueraient l’architecture de ma permanence.
Disparaîtraient emportés par le vent.
Succomberaient à la raison d’une pluie.
Ruisselleraient dans les ravins de mon épuisement conscient.
Arrachant au présent forcené et livide les scories et les méandres dans lesquelles le flot de vie conduit.
Sauf à comprendre les effets, je reste impavide. Et j’attends dans cet autre espace le trait fugace d’une fulgurance. Le rai de lumière qui pourra démonter le mécanisme du processus engagé.
C’est alors que l’esprit est vide de soi. Évidé en son sein par cette asthénie féroce et foudroyante. Aussi impuissant qu’impalpable. Aussi moribond qu’obsolète dans ce qu’il ressasse et répète en boucle sans trouver la sortie. Comme ces insectes pris au piège qui les enserre et sans rien faire précède la fin faute de combattant perspicace à saisir l’enjeu de la débâcle.
C’est lors un bon jour pour écrire.
Écrire et écrire encore.
Sans penser aux mots. Tout au plus la sensation de l’encre qui s’écoule et ternit les feuillets.
Des mots assemblés au hasard des divagations et des sempiternelles questions sans réponse. Jusqu’à ce que la faim ou la soif d’aller plus loin repousse encore la fin de ligne de partage entre le dicible et l’indicible.
Ce qui existe parce qu’on l’imagine et qui se réalise par le désir de voir les choses se construire.
En dépit du déni. Par delà les non dits acceptables et les phrases toutes faites. Les formules consacrées et la syntaxe exsangue.
Ecrire pour empêcher les actes d’endosser leurs habits du dimanche. Trop étriqués aux couleurs fades et fanées et désuètes.
Écrire pour composer et ravir à la mélancolie sa victoire.
Sans autre lendemain que l’instant. Sans autre attente que le mot qui survient.
Le dérisoire est noir impair et passe et manque.
Les obliques sournoises s’imbriquent dans les enchevêtrements impermanents et l’incontinence de la grâce flue au travers.
Une marée de mots à la dérive dans un silence de catacombe.
Là, dans l’interstice.
Là, dans l’invisible indivisible.
Le haut du bas.
A deux pas de chez toi.
Juste au coin du monde.

Le Mainate

Ajouté le Jeudi 25 août 2011 à 11:12 par famo

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  Defense de Ce soir ou jamais ou une éloge de Frédéric Taddei :: [157 lecture(s)]
L'édito du Mainate, réflexions contemporaines...

L'édito du Mainate! : Juin 2011

Defense de Ce soir ou jamais ou une éloge de Frédéric Taddei


L'animateur se contente de dire quelques mots de présentation et sans autre ambage laisse la parole à son invité. Puis il écoute délier les idées sans interrompre le flot. Pas d'autre intervention indélicate, en accord avec son intime conviction intellectuelle. D'une élégance désuète rejettant toute forme de superflu, distribue la parole et laisse à bien d'autres la dérisoire vanité de la fonction de troublion. L'homme est animateur et cette attachante et populaire désignation portée sans couture voyante ni plastron empesé à son point d'orgue, dans la ponctuation d'une proposition, en incise dans une citation qui joue à la digression pour mieux rejoindre le lit du discours. Il lui arrive de s'opposer mais ne vitupère jamais. Il possède ce talent perdu venu du fin fond des oubliettes de l'histoirede la télévision contemporaine, le calme et la volupté de la mesure, le sens des formules simples qui fondent un concept en une hypothèse à vérifier sans laisser gonfler la voile du dédain, l'apesanteur du pédant se gargarisant dans un effet de manche d'un bon mot ou d'une tournure alambiquée, gourd par tant de fatuité d'une inégalable supériorité. Il en est d'autres dont c'est le métier que de s'entourer de beaux penseurs dans la place, jouant avec l'impression d'en savoir davantage mais qui ne disent mot pour ne pas compromettre la complicité malsaine déplacéé calibrée d'avec son élite d'invité. Les de passeurs de modes, insignifiants et dociles , foutraques accoutrés d'une légitimité hors normes ont des beaux lendemains. Il sont les stipendiaires du système, une sorte d'organisme coriace parasite sui generis. Mais revenons au détail de la descritption de l'art et la manière, celui du style que Frédéric Taddei a su imprimer à l'unique emission culturelle dont le service public de la télévision française peut s'orgueillir et se féliciter grandement d'avoir eu l'audace de le créer. Car à bien y regarder de près Ce soir ou jamais est l'exact négatif au sens photgraphique du terme de ce qu'est devenue notre pain télévisuel quotidien. Par la richesse des invités dont certains ne venaient pas sur un plateau TV jusqu'à ce qu'ils fasssent partie de l'agora, un cercle légérèment ovoïde, autour de l'animateur. Par la profondeur des échanges, il est devenu extrêmement rare de pouvoir suivre les idéations parfois ardues et de haute volée entre intellectuels et universitaires de renom. Les prises deposition au sceau des appartenances politiques apparaissent en relief. Un soir il lui prend que son appétence personnelle le fasse dialoguer avec un ancien premier ministre d'une puissance étrangère, comme si l'on partageait une conversation entre gens bien qui se connaissent si bien qu'ils évitent les sujets délicats, sans perdre pour autant le fil, de ce que l'un sait sur l'autre ou ce qu'il devine ses intentions, ne transperce entre les tirades. Un autre soir un ton plus intimiste pour recevoir un philosophe méconnu du public et hors système, une jubilatoire discussion sur une autre réalité des rapports de force et des enjeux du capitalisme. Frédéric Taddei et son tact de velours, la pondérationde du ton de sa voix au moment de reprendre la parole et la direction des débats, la finesse du propos et un geste de la main souple et élastique. Il se permet ce qu'aucun autre ne peut se permettre en ouvrant l'antenne à des philosophes, sociologues, essayistes, comédiens, politiques, chanteurs, acteurs. Il est le marqueur d'une époque et révélateur d'un spectre de la culture à maille large. Porteur d'un érotisme du savoir, il permet au désir de curiosité intellectuelle de se maifester et l'attrait pour la connaissance crée un espace de souffle démocratique trop peu fréquent à la télévision française.
A la lumière des faits l'on ne peut comprendre que le rythme quotidien de cette excellente emission s'arrête. Qu'on lui impose un rythme hebdomadaire insuffisant pour nos oreilles avides et notre esprit ouvert aux propositions d'échange de points de vue et construction d'un espace démocratique de débat de société et de tout ce qui constitue notre humanité. La décontraction avec laquelle nous sommes maintenant familiers de ce rendez-vous avec ce que la télé peut faire de mieux nous donne le goût d'une défense de Ce soir ou jamais. Y-a-t-il un danger à nous laisser nous distraire en nous cultivant l'esprit ? Ou alors à l'approche d'une présidentielle houleuse et hasardeuse par une sorte de retorse manoeuvre on voudrait empêcher le débat démocratique et capituler face à l'endormissement des cerveaux par temps agité ?

Le Mainate

Ajouté le Mercredi 29 juin 2011 à 19:52 par famo

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  Le revers du refoulé - second mouvement :: [91 lecture(s)]
8)
L'édito du Mainate, réflexions contemporaines...

L'édito du Mainate! : Avril 2011

Le revers du refoulé

Second mouvement

Dans cette tissulaire construction dont j’ai apporté de caricaturaux exemples il y a quelques semaines dans le mouvement premier du concept nommé revers du refoulé, les idées sont des fils pris dans des mailles.
Croisés, enchevêtrés aux points nodulaires, aux fils tendus et distendus.
Vers, revers, envers, devers.
Toutes les combinaisons sont passibles de tous les chemins possibles et on peut les parcourir depuis l’endroit et vers le rebours suivant le long de la ligne.
Arrivant au bord, à l’extrémité du bord, on ne tombe pas, sans discontinuer, les fils sautent les plis provoqués par le tissu de pensée. C’est là, à l’exacte jointure que se situent les pliures de pensée qui composent les motifs du revers du refoulé.
Il s’agit en réalité de paradoxes qui excluent les composantes qui les constituent en lieu et place de les filer ensemble. Comme il se doit quand on dépasse la fictive construction analytique qui disjoint pour ne capter qu’une singularité nominale, appauvrissant la complexité du réel.
Ce qui est plié est compliqué. Ce qui est réel est complexe. Les deux notions sont différentes non seulement parce qu’elles ne renvoient pas aux mêmes constituants mais surtout parce qu’il s’agit d’une nature essentiellement autre.
Mais dans la vulgarité du quotidien marqué par la formation de la pensée à la cartésienne, l’illusion de la complexité compliquée fait mouche et emporte l’adhésion des esprits. Il faut pourtant souligner l’impécunieuse éducation qui conduit à ne pas être en capacité de saisir que le réel échappe et déborde de toutes parts. Jamais en place. Toujours mouvante. Riche et florissante réalité qui ne peut se résoudre aux cadres analytiques préconçus et commodes.
C’est justement par superposition des notions que nous créons les conditions d’existence au revers du refoulé. En recouvrant, en tissant par et dessus, pour en finir avec le trop de paramètres qu’implique la complexité et pour en terminer avec les questions de pensée pliées qu’il faudrait pour autant déplier pour les saisir et pouvoir les traiter mais qu’on élude fugacement, imperceptiblement dans ce doux et grisant glissement.
L’exposé de ces motifs semble pesant et à la fois il est primordial.
C’est cela même la complexité, penser sans discontinuer, sans pli et sur l’endroit et le revers, de tout l’ensemble du tissu, maille par maille, point par point, jusqu’à ce que les paramètres ne s’additionnent plus, ne s’opposent plus. Jusqu’à ce que la totalité fasse sa place dans une globalité précise. Non pas diffuse mais complète. Pour que la totalité tienne tête à l’unité.
Faute de ce mouvement délicat et riche et difficile pour notre architecture de pensée traditionnelle, nous restons piégés et aveugles à une partie de la réalité qui nous enserre.
Plusieurs paradoxes restent à tisser.
Paradoxe de la démocratie représentative à l’occidentale, à la fois libératrice et capable de continuer à se satisfaire de la distinction d’entre les êtres humains, accordant à certains ses faveurs, offrant à d’autres la misère culturelle et économique. La compétition comme règle de vie entre tous.
Paradoxe de notre république française installée en toute conscience dans le fonds de la monarchie d’Ancien Régime, cultivant la noblesse d’Etat, privilégiant le népotisme et la cooptation en son sein pour mieux se perdurer, à l’image des régimes au fonctionnement tribal et sauvage qu’elle signale pourtant de son index moralisateur à défaut d’être éthique.
Paradoxe du contrôle et de l’impunité au sein d’un système capitaliste spectaculaire et mortifère qui réaffecte sans cesse son modèle pour mieux assigner l’humanité à la simple fonction de production, produisant une accumulation aussi bestiale que l’amoncellement des cadavres de fin de pogrom.

Paradoxe du savoir qui sait tout cela et reste inefficace et impuissant à inventer un autre monde.

Le Mainate

Ajouté le Mardi 24 mai 2011 à 09:28 par famo

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  Le revers du refoulé :: [176 lecture(s)]
8)
L'édito du Mainate, réflexions contemporaines...

L'édito du Mainate! : Mars 2011

Le revers du refoulé

Premier mouvement

Deux éditos à la hussarde liés par une certaine suite dans les idées.  Sans céder à la linéarité ou à une continuité fictive et flatteuse, arrangée par l’artifice de la logique qui en enserrant les faits contraint à les exposer d’une certaine manière dans un ordre qui se voudrait intelligible et ordonné. Fruit d’une réduction du réel à un ajustement de causes et conséquences, dominos qui s’entrechoquent et s’effondrent les uns à la suite des autres.
La persévérance de l’insolite n’est pas saisissable alors que sa prégnance ne fait aucun doute. Deux éditos pour rendre visible un tissage dans les événements récents que l’actualité par son traitement en fines couches sédimentées ne peut que masquer ou occulter, focaliser par de trop, entretenir le flou par méconnaissance, ignorer par recouvrement.
Il n’est pas certain que le soudain réveil des peuples arabes ait rendu aisé la réflexion du Nord à leur sujet. Il est clair que le silence alourdi par les déboires intérieurs et les saccages d’une posture rétrograde et compassée à leur encontre a été la première des réactions des gouvernants occidentaux. Dans le cas Benali, comme dans celui de Moubarak, plus encore pour celui de Kadhafi, difficile et délicat de prétendre aujourd’hui les brocarder en les signifiant comme des autocrates dictateurs, déchus de leur popularité légendaire et au final ennemis de leurs peuples respectifs quand par le passé proche nous avons alimenté et entretenu des liens des plus vénaux (vente d’armes et autres subsides sécuritaires), des plus licencieux en termes de respect des droits humains. Des plus cyniques en louant une stabilité dont la façade respectable sonnait comme une menace sans alternative possible : eux ou les fondamentalistes. On se souviendra du fameux voyage de Jacques Chirac alors président en Tunisie, de la cécité volontaire et du coupable commentaire à propos de l’état de la démocratie en ce beau pays, villégiature de nombreux français qui en apprécient l’hospitalité autant que les prix au rabais. Sans parler de la venue du plus bédouin des autocrates, Kadhafi en plein Paris avec tente et aréopage consubstantiel. Le pré carré d’une certaine diplomatie française arabe est tombé en désuétude au fur et à mesure que les manifestants ont mis à bas ces régimes. Mais notre voix est étouffée par la honte du soutien apporté à ces régimes, la culpabilité de notre immobilisme, la schizophrénie quant aux valeurs d’émancipation et de progrès démocratiques que nous faisons nôtres dans une posture pédante et prétentieuse avec force de discours suffisants à l’encontre des populations du Sud, tout en souhaitant leur adhésion et le partage universel de nos valeurs.
Depuis des décennies que cela dure. Des lustres de torves et engluantes représentations ont moisi l’intellect pourtant immatriculé de Grandes Ecoles chez notre nomenklatura intellectuelle et politique. L’impression de flottement, d’approximation, de confusion entre les prises de position donnent à voir une bien piètre image de ce que la France peut faire et doit faire quand un peuple se soulève et récuse le pouvoir capté durant tant d’années. Faute de pouvoir construire une novation dans notre rapport au Sud. Faute de trouver les outils pour accompagner le processus, nous avons assisté médusés et démunis à ces réunions de masse qui en se cristallisant sont devenu un irrésistible soulèvement. Si la révolution est à l’œuvre, il n’est certainement pas possible de dire encore si le processus de révolution est atteint. En l’absence d’assemblées constituantes dignes de ce nom, populaires et représentatives de la totalité du spectre politique des pays concernés, d’un cahier des charges précis et de mandats clairs pour les prenant partie, il est hasardeux et téméraire de se lancer dans une prospective détaillée. Cartographiée par les experts, ceux-là mêmes qui ayant courbé l’échine depuis de trop nombreuses années à étudier ces sociétés, n’ont rien vu venir (sic).
Dans la cour des commentateurs avisés et légitimes à penser, on se rappellera que les pères fouettards idéologiques ne manquent pas, ils se nomment Frères Musulmans et nous épouvantent de leur air menaçant et de leur islamiste regard.
Quelle frilosité intellectuelle, quelle pusillanime vergogne m’étreint quand je croise la lecture ethnicisée d’un de nos plus brillants nouveau philosophe. Finkielkraut pour ne pas le citer. Quelle incurie de la pensée que de réduire les forces politiques en jeu au seul pinacle de la religiosité des masses. Nos démocraties laissent fluer l’idée que les peuples arabes quels qu’ils soient : algériens, marocains, tunisiens, égyptiens, libyens ne sont pas prêts, pas mûrs  pour prétendre accéder à une démocratie digne de ce nom.
Il était seyant et médiocre d’avoir à faire à des dictatures. Il est insignifiant et indigne et mesquin de tisser l’idée qu’un peuple, un territoire, une culture, un pays n’est pas à la hauteur de la démocratie. Comme une fin de non recevoir à l’intelligence des situations. Comme une amputation de la jouissance de voir l’improbable se réaliser. Pourtant, c’est bien ce Sud qui a remis l’Agora au centre, les places jouant le rôle d’une métonymie prégnante et malgré leur structuration qui reste confuse, leur énergie est une chance pour le Nord emmitouflé dans les beaux draps d’une pensée archaïque à leur sujet.

Ce mouvement de pensée au Nord est le revers du refoulé : un tissu d’effets miroir qui par impressions réfléchissantes et par un flux et reflux incessant, nous renvoient, nous occidentaux, aux entrailles de notre propre rapport à la démocratie.

Le Mainate

Ajouté le Lundi 28 mars 2011 à 12:14 par famo

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  Dans les cendres de 2010 :: [165 lecture(s)]
8)
L'édito du Mainate, réflexions contemporaines...

L'édito du Mainate! : Janvier 2011

Dans les cendres de 2010

Dans les cendres encore fumantes de l’année trouver la lueur d’une esquisse.
Une occasion de se faire la belle, s’évader en une ligne de fuite sans horizon ni bagage. Tant pis pour la destination.
Quand on ne sait pas où aller le mieux c’est d’y aller tout de suite.
Une de plus, une de trop, une et seule et inutile.
Les décors qui s’effritent et la sensation que le monde se délite.
Fin d’une époque et la représentation de la réalité s’échappe.
A trop penser la pensée s’épuise s’assèche et se tarit de n’avoir plus rien d’autre qu’elle-même à penser, et ressassant les mêmes objets comme des os rongés jusqu’à la corde elle s’obstine en de sempiternels atermoiements.
Les manchettes de journaux criardes alarmistes et paralysantes, les livres inaboutis et mal écrits, des écrits indécents parce que voyeuristes et faciles, les passions tristes et les joies béates. Les courses au supermarché et les formulaires à remplir. Les notes de frais et les déclarations afférentes. Etre son apothicaire appliqué et servile.
Contempler le passé en train de s’effondrer et le présent qui pousse pour sourdre au devant. Les choses s’enchaînent et le mystère des grands caps que l’on franchit et qui transforment l’être ne sont plus qu’une lointaine illusion. Les résolutions sont sages depuis qu’elles ne servent qu’à entretenir un espoir de quelques jours au mieux.
Encore transis par le froid gourd et capiteux les esprits se délient au sortir de rêves brumeux et des grâces de l’alcool qui avaient troublé son acuité.
Il fait froid rester seul et pourtant l’écart est nécessaire pour se faire une idée.
Une année pleine et vierge à occuper, à territorialiser, à mener bon gré mal gré.
Vertige et malaise parce que la répétition guette prête à bondir en cas.
Des oublis et des malentendus, des querelles idiotes et douces, vertes et pas mures, des non-dits poussiéreux et fatals, des disputes pour un oui pour un non, parce que et parce qu’il n’y avait qu’à, encore des oublis et des mensonges qui n’en sont pas, un instant de tendresse et de passion trop vite enfui, des moments moelleux et délicieux sans temps ni horloge, une peine et le chagrin celui de te voir malheureuse à cause de moi, des jours blancs sans pensée ni existence, sans consistance, des nuits trop courtes et des matins douloureux, la sensation d’avoir été roué de coups et de ne plus sentir mes membres qu’au travers de leurs courbatures.
Encore des jours et des nuits, comme un flux et reflux incessant et irrésistible.
 Des erreurs et des méprises, des relations tendues et des conflits latents, des marottes et des lubies, des moments de crise et de fureur contre soi et contre les autres, des pics de colère. Des insomnies et des siestes miraculeuses.
Je vais finir par trouver une voie, une issue, un interstice où me faufiler.
En attendant je creuse, j’excave et je sonde, je m’avilis en fouillant de mes mains dans les cendres de ces 365 jours passés pour chercher une forme de consolation ou un répit quelconque comme un signe bienveillant.
Mais il n’existe rien de cela car le temps n’attend personne et à mesure qu’il défile il s’enroule sur nous et finit par nous lier à lui.   
Il est trop tard pour se dire qu’il est encore temps.
Il est trop tôt pour se dire qu’il est trop tard.
Il est trop court le chemin de la fuite pour se dire qu’il est temps.
Il est trop simple de penser trop.
Il est encore temps de se dire top tôt.
Il trop tôt pour se dire à plus tard.
Il est temps de se dire au plus tôt.

Le Mainate

Ajouté le Mercredi 12 janvier 2011 à 15:43 par famo

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  Un conte de Noël :: [220 lecture(s)]
8)
L'édito du Mainate, réflexions contemporaines...

L'édito du Mainate! : Décembre 2010

Un conte de Noël

Comme tous les matins l’homme ouvrit le journal à la page de l’horoscope pour y lire en creux une partie de son existence contenue dans le maigre paragraphe de la rubrique.
En ce jeudi d’octobre on pouvait y lire : Mercure est en Saturne et une décision maintes fois différée peut aujourd’hui voir le jour.
L’homme lut et relut. À plusieurs reprises.

Il essayait de trouver un sens exact, une ligne directrice qu’il pourrait appliquer à sa propre conduite. C’était une habitude savamment acquise au cours des années d’exercices spirituels qu’il façonnait d’après sa pratique de l’interprétation des conseils prodigués par l’Horloger des Astres. C’est ainsi que se nommait pompeusement l’illustre plumitif qui apposait sa signature au bas de la page et se commettait dans la traduction des configurations célestes pour le compte des lecteurs férus des dernières nouvelles de leurs destinées stellaires. Avides de fictions pour nourrir d’étiques et mornes vies.
Notre homme quant à lui vivait une pleine vie d’imprévus et rebondissements incessants grâce à cet exercice quotidien. Un jour, il y a des années, l’horoscope lui fit quitter sa ville natale, il se souvenait encore de la phrase : Un changement d’air serait salutaire. Au prétexte d’une invitation de dernière minute pour le déjeuner il ne revint jamais. Ce matin là, il quitta la maison de ses parents sans savoir où il devait se rendre et que faire ensuite.

Il déplia le journal et s’attaqua aux pages politiques tout en remisant dans un tiroir de sa mémoire la phrase de l’Horloger. Les choses n’allaient pas plus mal mais le ton était sinistre. Un précipité d’angoisses et d’anxiété face à l’avenir concentré dans des formules stéréotypées de journalistes adroits. Une nouvelle retint son attention cependant, un entrefilet pour être précis, et qui aurait pu passer inaperçu s’il n’avait pas été soumis à son œil sagace de lecteur pointilleux, car la nouvelle n’était encore qu’une mince rumeur aussi improbable que fascinante.
Il venait de trouver l’articulation entre l’horoscope et sa propre vie.

La rumeur grossit, peu a peu dilatée par sa propagation à toutes les couches de la société. Maintenant les journaux accordaient de larges manchettes et les articles présentaient à force de détail, la visite prochaine d’un illustre homme d’état en ce pays des confins, une mince bande de terre longue comme un fil tendu, regardant l’horizon d’un océan Pacifique et tumultueux, adossée à une Cordillère infranchissable et majestueuse.

L’homme acheva les préparatifs de la venue, parcourut tous les articles des journaux, acheta plusieurs magazines et lut plusieurs livres traitant de la vie de l’illustre visiteur, des ses exploits pendant la guerre, de son courage politique et de la force de sa détermination. Il compléta sa préparation, se mit en quête d’un costume et de différents accessoires dont il aurait à user. Il convoqua le plus jeune de ses neveux dont la taille et la corpulence auraient pu le faire passer pour un pur européen. Ils s’enfermèrent plusieurs après-midi et tinrent conseil à huis clos. Ils firent des virées en automobile dans les villages des alentours pour tester leur  affaire. Le mois s’écoula, un autre suivit avec un jour supplémentaire au compteur, il était temps de partir. Une sorte d’entrée en scène qui commençait par un long voyage vers le sud.

Mario le tenancier n’en croyait pas ses yeux. Il tenait le télégramme du bout des doigts comme s’il allait se brûler. Il balbutia quelques mots incompréhensibles et tendit le bout de papier à sa femme qui à son tour faillit tourner de l’œil. Le télégramme disait laconiquement « Le Général de Gaulle séjournera dans votre Estancia quelques jours pour se reposer incognito. Réserver le meilleur des accueils. » Suivait un tampon de la République Française et une signature illisible.

La nuit était noire et sans étoiles quand on entendit un moteur dans la cour. Mario et sa femme au bord de l’apoplexie accoururent mais au moment d’ouvrir la porte Mario se retourna vers sa femme pour lui rappeler leur serment de secret le plus absolu en lui agitant le télégramme sous les yeux.
Le Général vêtu d’une longue cape noire et d’un chapeau à l’européenne sombre pénétra dans l’entrée qui semblait briller par sa présence, il était précédé d’un aide de camp, un homme grand et fort, qui portait une malle de voyage.
Le Général serra de sa poigne de guerrier valeureux l’honnête tenancier et accompagna sa poignée d’un geste délicat de la main sur l’épaule de Mario qui tressaillit à l’idée que l’homme qui avait libéré la France venait de le toucher. En se tournant vers la femme il retira son chapeau et fit une révérence de cape et d’épée, plusieurs moulinets avec le poignet tout en baissant le buste en signe de respect. La femme émue et comblée par tant de sollicitude laissa perler des larmes de bonheur béat et parfait.

Le séjour se déroula à merveille, le Général faisait de longues promenades à cheval, s’alimentait abondamment et lisait tous les soirs au coin du feu des extraits de classiques français dans le texte. Mario et sa femme ne savaient pas un mot de français mais il leur semblait comprendre grâce à l’admiration vouée au Général. Les adieux furent déchirants et le Général déposa un baiser à quelques millimètres de la main de la femme en signe de gratitude.

Mario garde encore une photo souvenir de ces quelques jours qui ont bouleversé son existence à jamais et se touche souvent l’épaule gauche à l’endroit où la légère pression des doigts du Général a laissé une marque indélébile.

*
                                                                 *   *

C’est ainsi que pendant des années mon grand oncle se fit passer pour le Général de Gaulle. Il lui ressemblait étrangement et avec le temps il finit par l’imiter à merveille.  On disait qu’il parlait français comme un bourguignon.
Il entretint une correspondance en secret avec plusieurs propriétaires de résidences où il se rendait pour passer quelques jours à l’abri du monde. Il raconta à Mario qu’il avait rêvé à plusieurs reprises de Jeanne d’Arc et comment dans une autre rêverie il s’était longuement entretenu avec Léonard de Vinci au sujet de l’évolution des cuirassés et autres engins blindés. Il lui fit envoyer des livres de grands auteurs français et même une méthode pour apprendre la langue de Molière en 50 jours.
Il ne fut jamais démasqué et ne paya aucun séjour.
Aucun des hommes au courant ne divulgua la moindre information et à ma connaissance seul un d’entre eux en touche quelques mots dans un recueil consacré aux anecdotes dans les hôtels mais personne ne l’a jamais cru.

Mon grand oncle continua de jouer avec l’horoscope jusqu’au jour de sa mort. La dernière rubrique qu’il pu lire disait : « A la fin du jeu le pion et le roi retournent dans la même boîte »

Le Mainate

Ajouté le Jeudi 2 décembre 2010 à 14:49 par famo

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  D’une autre Lune :: [182 lecture(s)]
8)
L'édito du Mainate, réflexions contemporaines...

L'édito du Mainate! : Novembre 2010

D’une autre Lune

A travers les persiennes mi-closes la lueur vient mourir aux pieds d’une statuette en striant la pénombre de rais pâles et diaphanes. Au plafond des araignées paresseuses. Silence de l’ombre coulant dans la pièce. Bill Evans au piano fond sa musique dans l’encre de l’obscurité et la solitude de la nuit.
Parce que la fenêtre est entrouverte une brise fend l’air, file sous la table, fait trembler un feuillet gisant sur le sofa et se faufilant dans les tubulures creuses d’une flûte de pan adossée au mur opposé, s’éteint dans un soupir à peine audible. Le solo de piano résonne et se colle aux murs comme de nouvelles impressions, motifs délicats et ornés qu’un artisan cisèle. Magie de l’improvisation, apparente fluidité de l’exécution et ce timbre reconnaissable entre tous, inimitable, qui suspend le temps et les conjectures. S’ouvre alors l’espace d’un instant à la fortune de la grâce, une émotion si intime et personnelle qu’on ne peut la décrire, encore moins la toucher avec les mots. Quelque chose qui n’existe que dans le for intérieur, constitué d’une matière insondable et fongible, l’âtre de l’âme.
Des volutes de souvenirs tournent autour de moi, comme des présences rassurantes aux notes mélancoliques. Contours de l’existence. Occasion de connaître l’amertume des regrets et la sensation de cette après-midi irradiée d’une lumière crue et blanche qui obligeait de plisser les yeux pour distinguer les formes. Une lumière de jeunesse volée par le temps qui ajuste son sablier et fait effondrer les plans les uns après les autres comme une lampe magique crée l’illusion du mouvement en faisant défiler des images fixes.
Maintenant, voir les yeux clos et entendre dans le silence le doigté cristallin suivre les développements aléatoires et maîtrisés qui racontent ce que la musique exprime, vibration et sensibilité, comme réponse au désordre.
Une volonté de trouver une élégante manière de faire du bruit.
En intrus, le souvenir insolite d’un grand oncle qui se faisait passer pour le Général de Gaulle, paradait dans les grands palaces d’un sud austral et chilien, revenait chez lui les bras comblés de cadeaux qu’il s’empressait de revendre à la sauvette.
Les ondes de la musique agissent comme le puissant libérateur, les plus hardi des révolutionnaires, dans leur flux se meuvent des courants contraires et antagonistes et complémentaires, l’air et le feu, le sable et l’eau, des liquides pensées qui touchent au sublime et au merveilleux.
Rien ne subsiste de l’instant d’avant et rien ne dit qu’il y aura une suite, seul compte le présent, son imminence et le délétère caractère de son évanescence.

Ecrire et écrire encore, noircir des pages de mon écriture en pattes d’oiseau hâbleur et inutile, parfois incompréhensible même après d’âpres relectures. Une désinence du médecin qui habite en mes os. Maigre consolation pour une vocation si maladroite et futile et qui se fait malédiction dès qu’un mot vient à faillir ou qu’une expression se dérobe. La place du silence, le coin du non-dit. Reste à lever le voile de ce qui me sépare des autres

Le Mainate

Ajouté le Lundi 15 novembre 2010 à 11:28 par famo

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  Pourquoi je n’irai pas manifester samedi :: [240 lecture(s)]
8)
L'édito du Mainate, réflexions contemporaines...

L'édito du Mainate! : Octobre 2010

Pourquoi je n’irai pas manifester samedi

Il n’existe pas de futur et le passé est toujours trop tard. Seul compte le présent mais son imminence prend de court. A revers parfois. Qui fait subir et peu agir. La résonance du présent constitue une sorte d’écho dont les ondes irradient l’espace l’occupant tout entier. Hier l’affaire aujourd’hui la grève demain les chiffres de la polémique, entre exagération et déni.
La grève donc, comme une dérivation au sein du système. L’énergie productrice entendant par ce crime de lèse majesté porter un coup aux entrailles du capitalisme. Le frapper là où ça fait mal. Stratégie simple et simpliste. Dont le résultat n’est pas tangible et dont le corps social conteste les fondements laissant transpirer l’odeur âcre et rétive de ceux qui alimentent un doute quant à la capacité d’inverser le cours programmatique du futur annoncé sans alternative recevable.
Un pas d’écart dans cette rhétorique pour récuser l’idée d’une grève qui se mue en manifestation de samedi. A-t-on jamais vu pareille suicidaire conception qui revient à admettre implicitement que l’état du droit de grève est tel dans ce pays qu’il faille trouver une fumeuse astuce pour remédier à cet état de fait inacceptable. Cette position syndicale est indigne confondante insultante pour les salariés. Car il en dit long sur le rapport de force asymétrique et violent qui existe entre salariés et direction dans les entreprises du secteur privé. Il est par ailleurs totalement anormal et bien peu démocratique que la contestation soit captée par les seuls représentants du secteur public, c’est entériner la dislocation du corps social. C’est exagérer leur représentativité de l’ensemble des intérêts en présence. Pour leur part, les salariés du privé ont digéré les absurdes arguties énoncées par le système pour discréditer leur compétence à s’opposer par la grève. En s’abstenant de réaliser leur mécontentement par un mouvement d’arrêt de travail ils se comportent en vassaux du système qu’ils alimentent avec frustration et dévouement et servitude.
Il s’avère qu’il est incontestable qu’aujourd’hui les grèves sont moins nombreuses et pour autant l’opinion générale (et l’on sait combien j’abhorre cette notion que l’on ne doit cependant exclure) rechigne à admettre ce constat. C’est que la grève n’est plus aussi légitime. En ce sens précis, on affirmera que le système grâce à l’automaticité de son fonctionnement, le confort grisant et soporifique qu’il procure aux masses, les convertit à l’abrutissement intellectuel dont le plus notable trait insignifiant est de voir ceux-là mêmes que le système asservit et humilie, opposer une diatribe de collaborateurs zélés, fustigeant les grévistes qui paralysent l’économie, ravalant leurs aspirations à de simples réactions de défense individuelle, réduisant les justes raisons à des positions tactiques. L’argumentaire anti-gréviste est un formulaire inconsistant réactionnaire et populiste.
Comment alors frayer une voie entre grévistes con-vaincus de leur bien fondé, sans pour autant tomber dans l’escarcelle de l’autre camp ?
En revenant aux fondamentaux. Posant comme postulat que l’avenir est ce que l’on en fait et non ce qui arrive.
L’actuelle réforme des régimes de retraite prend la forme d’une loi votée par le Parlement issu de la majorité sortant des urnes législatives dressées dans la foulée de l’élection du Président de la République. Rendons hommage au passage au facétieux instigateur à qui l’on doit cette funeste situation de voir l’ordre des élections se succéder ainsi. J’ai nommé Lionel Jospin qui dans un élan de suffisance toute socialiste d’intérêt général pour lui-même se voyait remporter l’élection de 2005 et rêvait de cet ordre pour gouverner tout son saoul. Le résultat de cette mécanique des élections est la mise pas, une fiction de débat public pour le compte du projet servi prêt à la consommation par le gouvernement. Dans cette configuration le Parlement est une chambre d’enregistrement dénuée de tout pouvoir et totalement investie dans son allégeance au Président. Cette concentration de tous les pouvoirs, leur détention par la seule majorité au pouvoir, est nuisible pour la démocratie et plus encore pour la République se réclamant de la séparation des pouvoirs. L’actuelle législature porte le sceau de la collusion et de la confusion des intérêts, dégât collatéral de ce processus de formation de l’action politique. Quoi qu’il en soit le mal est fait, en attendant une pertinente réforme il faut comprendre le processus pour songer à inférer sur son fonctionnement. Ici et maintenant l’action d’opposition est rendue inopérante pour les raisons même que je viens d’exposer, le quinquennat ainsi corseté impose une fin de non recevoir. L’échéance d’un changement réside dans la seule perspective de 2012. A cette date les citoyens auront à choisir un nouveau Président et dans élan symbiotique une nouvelle Assemblée. Cela revient à choisir le futur auquel nous voulons participer à créer. A imaginer une victoire de gauche (et non de la gauche) il est permis songer à l’abrogation de la présente loi qui réforme les retraites, de convoquer une assemblée avec l’ensemble des parties prenantes (et non seulement les fossilités des partenaires sociaux) pour co-construire un système en accord avec notre devise.
Liberté, Egalité, Fraternité.

Le Mainate

Ajouté le Lundi 18 octobre 2010 à 15:05 par famo

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  La vérité du soi :: [218 lecture(s)]
8)
L'édito du Mainate, réflexions contemporaines...

L'édito du Mainate! : Septembre 2010

La vérité du soi

Aux heures creuses de la nuit, au silence de la lune, dans l'obscurité de son clair, je devise sans départir. Je m'offre aux souffles féconds, j’étire et retire mon esprit  qui comme une mer d'huile file sans laisser de rides à sa surface. J'accapare un espace large et vaste et ne connaît pas de limites. Je capte une poussière de lumière et les bruits d'antiques paroles perdues dans l'immensité du tumulte.
Sans cesse rabattu par des vents contraires, une houle de questions assaille mon esprit divagant. Je tergiverse certes, je taille dans la réalité de mes élucubrations, je dissèque et j’examine.
Et si la règle se dévoile sans se nommer c'est que l'exception lui fait défaut, et cette absence ne doit rien au hasard. Parce qu'il en va des choses comme des éléments qui ne sont pas autres ou étrangers à eux-mêmes.
Car les choses ne connaissent pas la variabilité des caractères qui versatiles et frivoles oscillent entre de sibyllines acceptions et de superfétatoires illusions.
Les choses ne sont que ce qu'elles sont, c'est même là leur caractéristique de marque. Indolores et incolores et indociles.
La voix de leur voie s’entrechoque tandis qu’entre les reins d’encre nyctalope ma liberté de n'importe quand croise d'impossibles penchants de n’importe quoi et je reste en retrait à éplucher ma part d'ombre.
Les méandres labyrinthiques forment un voyage dans l'esprit dont les parcours sinueux perdent ma trace.
Je divague et dis vague à chaque reflux. Je ne sais pas. Les décombres de mes idéations, leurs formes oblongues et fuselées, la rutilance de leur perfection, brisent le frêle esquif. Je navigue à vie. Je vis à la mort.
Rien ne m'appartient de ce qui importe et ce qui dépend de moi flue à travers mes questions lancinantes erratiques et imperfectibles.
Toute vérité est-elle bonne à dire ? Sait-on ne pas mentir ? Où commence la réalité ?
J'affirme et j’infirme. Tout et son contraire. Et vice et versa.
Je délie les liens tenus de mon désir et digresse toutes voiles dehors.
Soudain le battement d'ailes d'un papillon et aux irisations vertes et violettes perce de sa lueur la pénombre, j’ouvre les yeux. Mais ne vois pas.
Les yeux scrutent une ondulation mystérieuse sorte de repli de l’obscurité dont il faudrait percer le secret.
La nuit à perte de vie comme une étendue opaque.
Les heures à penser ne pèsent rien et mes conclusions sont passagères car mon esprit est un grand incontinent et ne peut retenir son souffle, sa respiration composite alimente une source intarissable.
Les enchevêtrements de leur disposition donnent une architecture agencée comme une toile d’araignée souple et élastique.
Et parfois au fond de ma nuit mes idées sont lumineuses.

Le Mainate

Ajouté le Jeudi 2 septembre 2010 à 11:20 par famo

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  Je suis content que ma mère soit une femme :: [297 lecture(s)]
8)
L'édito du Mainate, réflexions contemporaines...

L'édito du Mainate! : Avril 2010

Je suis content que ma mère soit une femme

Un jour alors que j’étais je ne sais où faisant je ne sais quoi quelqu’un me dit :
« Vous m’avez déçu »
Immédiatement m’est venue cette réplique que je me plais à reproduire ici car n’étant pas de ma plume je peux à mon aise dire qu’elle est d’une pure merveille :
« Déçu ? Je vous ai déçu mais sachez monsieur que je suis né déçu. A la maternité quand j’ai su que j’aurai à faire à des gens comme vous j’ai failli retourner de là où je venais !
Là je me vantais un peu car vu les problèmes que j’ai eu avec ma mère hors d’elle je n’ose imaginer ce que ça aurait donné si j’avais dû rester dedans !
C’est du Bedos tout craché.
Ça dessoude la bouche, décape l’esprit et rince le malotru.
Immoral et foutrement délicieux.
C’est vrai que je parle souvent de ma mère parce que sans doute c’est de là que tout a commencé. Je veux dire que je suis conscient que sans elle je n’existerais pas. Pourtant sa vie aurait été bien différente si elle avait accepté le deal de mon géniteur de père : un permis de conduire (rare à l’époque pour une jeune femme chilienne de cet an1969), la voiture idoine (même remarque entre parenthèses), un avortement dans une belle clinique de Buenos Aires et assez de billets.
Toujours du liquide comme pour se la ver de s’être répandu n’importe comment.
Ce sera sa marque de fabrique à lui des années durant.
Comme pour gommer les scories d’une culpabilité de l’erreur.
Comme pour faire disparaître l’acte.
Comme si cette fiction du il ne s’est rien passé avait pu exister.
Elle a choisi de me garder et pire de m’élever. Ce qui en son langage voulait dire me hisser. Faire du petit animal chétif et fragile une bête formée, galbée par son éducation exigeante et folle.
Préférer se rendre à l’Opéra plutôt que de payer son loyer, ne jamais perdre une occasion pour rire de sa pauvreté, être dérisoire dans l’attrait aux choses matérielles et à toute forme de réussite indécente, ne jamais se contenter du savoir acquis, lire des livres aux titres improbables et pleurer en s’en prenant aux maudits oignons alors que c’est l’émotion d’un boléro insipide qui remue les entrailles, crier pour n’importe quoi sur le premier qui passe dans son orbite, établir des listes de choses à faire et comment les faire, de classiques de la littérature de tout les temps dans une visée circéene de l’accumulation inutile parce que la Culture est immaculée et tient lieu du seul bien qui vaille et la fatalité n’existe que par la place qu’on lui accorde, m’apprendre le français par la seule volonté, conclure que je n’aurais jamais terminé de me modeler, de me façonner, de m’améliorer sans jamais toucher à la perfection parce que là n’est pas la finalité, croire que la religion sert le dessein d’une humanité œcuménique et respectueuse, appliquer la futilité aux choses sérieuses et du sérieux aux choses futiles. Elle qui est catholique, fille d’une lignée de marranes séfarades. Elle qui préférera partir d’un Chili rendu trop ennuyeux selon sa formule cynique tournant le dos à une promotion prestigieuse au sein de la fonction publique d’État. Elle qui refuse de se déclarer réfugiée politique alors que le statut est confortable et lui tend les bras à son arrivée en Europe. Elle qui aurait pu partir en Australie accueillie par un de ses profs de fac bien placé et la même en Suède. Elle qui écrit le français quasiment sans faute à force de besogne le soir tard ou tôt le matin pour ne pas entraver ses obligations familiales. Qui fait un AVC prend une tisane et va au lit parce que demain sera un autre jour.
Elle qui me laboure le cerveau lors de notre arrivée en France pour que je conçoive bien la chance inouïe qui est la mienne de me trouver dans la patrie de Zola, Hugo et les autres, qui débouche la seule bouteille de champagne de sa vie le jour où elle reçoit sa première feuille d’imposition sur le revenu et qu’enfin elle exulte en chantant sa joie de participer à la République. Elle qui m’a donné le souffle de l’attachement à mon pays d’aujourd’hui. Elle qui m’insupporte et qui m’exaspère.
Pour toutes ces raisons et bien d’autres je suis content que ma mère soit une femme.

Le Mainate

Ajouté le Jeudi 22 avril 2010 à 10:50 par famo

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  Billet désagréable sur quelques petites choses que je voudrais clarifi :: [234 lecture(s)]
8)
L'édito du Mainate, réflexions contemporaines...

L'édito du Mainate! : Mars 2010

Billet désagréable sur quelques petites choses que je voudrais clarifier avec le peuple de France

Ce putain de taux d’abstention aux deux tours des élection régionales et les merdeuses explicitations des politologues et autres spécialistes et je m’en fous, auto satisfaits de leur science, prompts à nous bassiner avec leurs lénifiants discours sur la morosité et tout un verbiage sibyllin compassé digressif et complaisant.
Je n’ai rien d’autre que du mépris pour nous peuple de France (j’en fais partie, du peuple pas des abstentionnistes).
Que te voilà bien apathique et stupide. Te convaincant qu’il vaut mieux détourner les yeux que d’affronter les enjeux politiques, maraudant en persiflant que la politique ne sert à rien, que les élections ne comptent pas et que tout ça c’est du cirque.
Te voilà bien résignée, laissant s’enkyster dans ton corps social de putrides et populistes idées. Aussi simplistes que torves, aussi confuses que malsaines.
Calibrées par les arguments ignorants d’une conscience forgée à coup d’immobiles séances de 20 heures, sans jamais effleurer que la perfidie de la connerie est aussi d’apparaître comme allant de soi.
Réveille-toi peuple de France et accepte de souffrir au travail.
Au travail de devenir citoyen et pas seulement consommateur, fusses-tu consomm’acteur durablement développé et éco logiquement acceptable.
Lis et transmet ce que tu lis. Affûte ton esprit critique et celui de ton entourage.
Cherche la difficulté pour former ton esprit.
La connaissance est à portée de main, il ne tient qu’à toi d’entrer dans une librairie.
Une librairie avec une libraire et non un énième ersatz culturel.
Cesse de te complaire dans ta vue tronquée. Exercer la liberté de la démocratie est plus exigeant que de baisser la tête comme soumis au dogme du ça ne changera jamais.
Questionne-toi citoyen. Qui suis-je ? Que suis-je ? Que puis-je ?
Qui es-tu citoyen français en âge et condition de voter pour refuser ce droit inaliénable et incessible et majestueux ? Si précieux que des millions d’hommes et de femmes comme toi ont saigné et irrigué de leur mort l’histoire de la démocratie française pour te l’accorder. Aussi imparfait et sournois soit-il, aussi infime et pusillanime et quelquefois si mal employé, une fois le vote acquis.
Et pourtant, si unique et impérieux que les irakiens votent sous les bombes et les birmans se font triturer les os pour une morceau de papier à mettre sous enveloppe.
Cessons les jérémiades, de faire les enfants à bouder dans notre coin. De nous abreuver de commisérations en nous roulant dans la victimisation fangeuse et nihiliste. A nous en prendre à une classe politique corrompue moins par l’argent que par la torpeur neuronale de sa vision politique.
On a le personnel politique que l’on mérite. Et si l’encéphalogramme est plat c’est que le peuple est creux. Son désir éteint. Le projet absent et l’utopie suspendue aux résultats dernière course d’Auteuil, du dernier Apode, du super processeur Macmescouilles, et du réseau social Facedebouc. Méga cool…
Et j’en passe des sornettes, toutes aussi fracassantes que médiocres auxquelles tu accordes l’énergie de ton cerveau disponible que tu refuses incidemment d’allouer au choix du politique. Tu veux te choisir un personnel politique à la hauteur de tes aspirations ? Tu te plains de ne pas voir la vie que tu mérites. Mais qu’as-tu fait pour en inventer une autre avec les autres ? Rien. Car pendant que tu déblatères sempiternellement au lieu de te centrer sur tout ce qui reste à faire pour faire vivre Liberté Egalité Fraternité, ta démocratie se délite. Et ce que tu ne sembles pas saisir, ce qui échappe à ta sagacité de crétin gaulois, de benêt des Alpes, c’est que tu es au cœur. Que tu participes d’autant plus et plus fort que tu tentes de t’en extraire par le retrait des urnes. Chaque fois que tu laisses à penser dans tes actes que la collectivité ne compte pas et qu’il n’y a rien pour toi de plus transcendant et fascinant que ta pacotille quotidienne, tu me dégoûtes et je n’ai plus de mots pour m’indigner face à ta conduite insigni-fiente. La main est dans ton jeu citoyen. A toi de faire.

 

Le Mainate

Ajouté le Lundi 29 mars 2010 à 11:37 par famo

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  Impostura temporis :: [263 lecture(s)]
8)
L'édito du Mainate, réflexions contemporaines...

L'édito du Mainate! : Février 2010

Impostura temporis

Plus le temps s’écoule est plus il est insignifiant d’en mesurer l’exacte longueur ou sa courbure et d’en départir avec son décompte universel comme si cela avait de l’importance. En dépit et contre toute attente en la matière, le temps est pertinent dans ce qu’il peut apporter en tant que dimension supplémentaire mais pas comme durée intangible et filandreuse de laquelle il faudrait s’accommoder. A laquelle il faudrait s’ajuster comme ceux qui marmonnent qu’il faut vivre avec son temps. Cela laisse planer l’idée qu’un temps nous serait alloué pour que nous en fassions notre beurre. Alors que tout pousse plutôt à constater, certes à contre cœur ou à regret, sans qu’on ne sache s’il faut un s pluriel au regret substantif que le temps nous échappe et que sa consistance nous est profondément étrangère et que son accommodation pas plus que son louage à une quelconque tâche ou labeur ne vienne en dissiper la nervure existentielle.
Depuis petit enfant je forme toute sorte de conjectures au temps et aux temps.
Au temps tel qu’il se présente en tant que donnée spatiotemporelle de situation et de positionnement ; aux temps, ceux qui gouvernent et président non seulement à nos conduites et attitudes mais font aussi œuvre de forme à galber l’esprit, à corseter l’imaginaire et l’utopie pour et au final faire acquérir la posture pour les endurer.
En ce sens, je ne suis pas de mon temps et pourtant j’y suis.
Je n’ai que faire de l’époque vague et déprécatoire mais m’y opposer sans relâche et aussi vertement ne fait que lui insuffler davantage d’importance. La relation au temps m’est apparu dans sa cruelle stupidité lorsqu’en lisant au détour d’une quelconque revue un chiffre dont l’expression me laisse perplexe.
Il fallait en 1870, 360 heures de voyage pour rejoindre Paris depuis Bayonne. Aujourd’hui 5 heures 35 minutes séparent les deux villes.
La distance ne s’est pas modifiée ou si elle l’a été c’est si minime que ça ne compte pas. Le temps s’est rétréci. Pour ce déplacement qui autrefois prenait des semaines, deux pour être exact, le temps se déplacement s’est effondré et il ne représente aujourd’hui plus qu’une misérable matinée bien remplie. De quoi gagner du temps. Sauf que la question posée est un peu plus vaste que la simplissime soustraction 15 jours moins 5 h 35 est égal au temps gagné. Fortiche le progrès. Bravo la modernité et toute sa technicité, son automaticité, ces circuits intégrés, ses ordinateurs magistralement programmés. On considère que l’ensemble de l’appareillage intégré dans nos communes habitations suit le cours d’une ligne d’habitus plus ou moins figés : la famille de cadre moyens s’accommode d’un lave-vaisselle, d’une machine à laver et son  sèche linge en désinence et n’importe quelle famille dite ouvrière possède plusieurs écrans de télévision. Les robots ménagers remplacent avantageusement les petites mains d’autrefois, familiales ou asservies par les liens de l’esclavage puis du fermage pour enfin aboutir au salariat moderne dont on serait bien inspirés de remettre en cause le caractère délétère et humiliant de la servitude que recèle le lien de la subordination hiérarchique reconnue par la Loi au sein de la relation de travail. Pour clore l’épitaphe, remarquons au passage la commodité confondante et confuse avec laquelle de tels liens naissent et existent et prolifèrent au sein de sociétés dites avancées et superbement démocratiques. En légalisant l’existence au moyens de concepts tels que le contrat librement conclu entre deux personnes adultes libres de consentir, en maintenant la fiction de la vente de la force de travail contre une certaine rémunération, s’opère l’accaparation du temps disponible chez l’être humain. Il est aujourd’hui moins important qu’il y a deux cents ans, pour autant les salariés ne sont pas plus libres, la sphère du travail occupe toujours autant les préoccupations et alimente l’angoisse du devenir. C’est une question de temps, il n’y en a pas plus aujourd’hui que par le passé, en revanche son intensité et sa densité posent la question de son imposture.

Le Mainate

Ajouté le Mardi 2 mars 2010 à 10:40 par famo

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  Césures :: [210 lecture(s)]
8)
L'édito du Mainate, réflexions contemporaines...

L'édito du Mainate! : Janvier 2010

Césures

Je suis écorché
Blessé à vif
Je suis transi
Touché de plein fouet
Je suis triste
Impuissant fébrile
Je suis meurtri
Faible et muet
Je suis un fou
Divaguant stupide
Je suis un lâche
Sombre et facile
Je suis tout et rien
Agressif impétrant
Je suis la douleur
Maladive éclatante
Je veux m’endormir
Oublier
Ne plus penser
Ne plus souffrir
De la distance et des mots
Des phrases et du silence
Dormir
Pour me réveiller
Pour tout recommencer
Comme au jour premier des choses
Pour dire je t’aime
Autre fois une première fois
Pour la chance
Et pour l’espoir qu’elle nourrit
De voir les erreurs s’estomper
La tristesse s’en aller
La douleur me quitter
La raison déraisonne
Les pas chancellent
Les silences sont accablants et la lumière trop crue
Des scènes irréelles envahissent l’espace
Je suis des yeux
Un rien se dissipe en si peu
La densité fait défaut et tout se creuse
A trop observer on s’aveugle
Une dernière tape dans le dos
En signe de confiance
Quelques paroles de plus que rien n’oblige
Au bout du décompte le temps est amadoué
Clore le cercle
Oublier le début et la nécessaire fin du début
Focale à l’oblique de l’obsidienne
Face aux éléments
Dans un ultime affront
Rien ne se passe parce que personne ne veut qu’il se passe quelque chose.

Le Mainate

Ajouté le Lundi 11 janvier 2010 à 09:59 par famo

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  Identité(s) :: [256 lecture(s)]
8)
L'édito du Mainate, réflexions contemporaines...

L'édito du Mainate! : Novembre décembre 2009

Identité(s)

Tout est gâché.
Le goût doucereux et acide des instants où se brouillent les frontières et les limites s’estompent envahit le fond de ma gorge. J’avais espéré dans une attente névrotique et déraisonnée le moment de la libération comme le dernier sursaut d’une spasmodique contraction à l’instant d’accoucher d’une si méritée, besogneuse mais hardie qualification pour le carrousel sud-africain de Tout-le-monde-du-football. L’instant est là à portée de main, disposé comme une offrande trop belle, disproportionnée, gauche et obscène dans une tenue inappropriée. Tout cadre à l’impossible et les quelques secondes qu’aura duré l’action, une poignée serrée tout au plus, peut-être moins, une infinitésimale fraction de temps séquencée à l’infini, étirée puis fractionnée pulsation par pulsation, comme un cœur que l’on ralentit pour en sentir les battements plus profonds, plus lourds et conséquents, pour donner toute la densité au sort qui décide même au ralentit le plus extrême de ne pas infléchir le devenir nauséabond et spécieux de ce qui suit.
La suite vous la connaissez. Les arguments travestis en argumentaires, les dénégations en démentis, les explications en digressions. Et cette suprême et stupide posture qui et qui consiste à assurer ― en piétinant au passage les valeurs qui fondent par ailleurs toute la chimère du valeureux footballeur ― à l’interlocuteur trop ahuri ou trop veule pour ne rien rétorquer que bien entendu l’irlandais aurait fait de même. A ceci près qu’il ne s’agit pas en l’espèce de la conduite de l’irlandais dont il s’agit mais bel et bien de celle de nos gaulois de footeux.
C’est une affaire d’identité, une autre, celle d’une équipe qui représente et incarne le pays et au-delà la nation malgré nos réticences individuelles ou notre indifférence partisane. Nous irons au Mondial avec la réputation d’une place usurpée, d’un match que nous n’avons pas gagné, encore moins dominé et au cours duquel nous nous sommes distingués par une anémie du jeu remarquable. Or, l’équipe de France réunit actuellement en son sein la génération la plus complète et sans doute la plus aboutie en terme de talents individuels, pas une ligne où l’on ne puisse dénombrer poste pour poste des joueurs considérés comme les touts meilleurs en activité. Nous possédons au sein de notre collectif la plus singulière des combinatoires qui transforme n’importe quel joueur, par ailleurs pièce maîtresse dans un des prestigieux clubs européens, en une branche morte et méconnaissable dès lors qu’il évolue en bleu. L’on jugera mon propos exagéré ou caricatural, mais une observation attentive sur la posture de jeu de nos principaux participants in situ dans leur club, puis lors de leurs (médiocres) prestations dans le club France et l’on sera surpris de constater qu’il existe comme une effet inversement proportionnel. Nous produisons de la compétence individuelle que nous ne savons pas combiner, nous opérons comme s’il s’agissait de simplement additionner les talents pour que l’ouvrage se fasse. Nous oublions que la compétence collective, la sève d’un collectif de sport est une sorte d’alchimie qui dépasse et se présente par delà la somme des compétences personnelles. C’est une sorte de plus-value obtenue par synthèse et agrégation des profils individuels. Elle est faite de gestes et d’attitudes, d’une posture dans la confiance que l’on accorde au jeu et non aux normes qui le régissent. D’une chose qui est indéfinissable mais reconnaissable à ce que l’équipe montre sur le terrain, dans le volume de jeu qu’elle déploie, dans son appropriation de l’espace et la circulation du ballon, la création en mouvement.
Le style, ce différentiel qui sépare les grandes des petites équipes.
Forte d’un style poussif et inopérant, insipide et désespérante, l’équipe de France a perdu dans sa scabreuse qualification outre la face et la vergogne, l’opportunité d’avoir pu être l’unique équipe à se lever contre l’inique décision d’entériner le résultat de ce match.

Le Mainate

Ajouté le Jeudi 3 décembre 2009 à 11:14 par famo

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  Septobre :: [219 lecture(s)]
8)
L'édito du Mainate, réflexions contemporaines...

L'édito du Mainate! : Septembre octobre 2009

Septobre

Les secondes meurent alors que les heures agonisent et tandis que les mois passent les années volent. Et tout est lendemain sans aujourd’hui et tout est fuyant parce qu’instable et précaire dans un temps qu’on appelle présent mais qui ne fait que s’effondrer au moment même où l’on croit le saisir. Tenir le temps imparti et sentir le moment, contraintes éprouvées par les managers depuis les plateaux télé jusqu’aux réunions de chantier et chez le médecin et chez le crémier. Tenir le temps pour en profiter, pour en dégager du disponible, pour repousser les avances du temps fini et circonscrit, et de la fin de l’Histoire qui rode.
Je ne sais jamais comment finit cet édito, j’en connais parfois les rouages et bien des fois la fin délie les moyens d’une ligne brisée en plein élan démonstrateur.
Je reste un oiseau hâbleur, gouailleur et indocile. Répétant à tue tête les vérités tout droit sorties des oubliettes de ma pensée pour en faire des slogans foutraques et obliques à toute allégeance sordide du présent. J’invente et agis de concert mais mes trouvailles n’ont pas de légion assidue complaisante m’abreuvant à qui mieux mieux des relents d’un auditoire conquis à ma parole, asservi par le flot et la portée immémoriale que je tente incidemment de créer et d’insuffler à mes propos.
Phrases péremptoires et définitives, élucubrations estéticodépressives, contingences toujours renouvelées faisant l’éloge d’une distance et d’une retenue amodale envers l’époque et son indicatif présent. La sourde oreille aux tenants d’une vision techniciste et utilitariste du monde et de son contenu. Renversements dialectiques en forme de contre points rhétoriques, admonestations à l’insignifiance ambiante. Founiller avec une dose de pédantisme abâtardi comme tout dandy irréfuté.
Mais la force d’opposition, les adresses et les anathèmes conjugués à la force sémantique et symbolique de mon sabir insuffisent à emporter l’adhésion.
L’oiseau crie son courroux et couve son ridicule. C’est la bienséance que ses propos alimentent. Tout est comme si son action se réalisait à elle-même dans une logique d’autocongratulation et d’autosatisfaction saugrenue et stupéfiante. Superfétatoire et autocentrée sur sa propre petite personne. Car l’extérieur ne compte pas et ne survit pas au travers du filtre des écrits de l’oiseau vilipendeur et récipiendaire de la foule d’influences qui le rendent cosmopolite et composite.
Dans toute ses afféterie, salves et sondes, émasculant et travestissant la réalité, ôtant le drap du masque des apparences comme unique témoignage de la plus minime considération pour ce qui est sans pour autant exister. Car dans son esprit, la réalité n’a jamais été plus totale et parcellaire, cohérente et duale, mince et dense, une ligne de fond dans un universel de pacotille. A ses yeux, il n’existe pas de place pour une autre forme de rétribution que celle de la formulation la plus aboutie parce que personnelle, même si absconse et hermétique parfois, elle rudoie aux mots ciselés par leur inutilisation, la marque de leur défaillance face au présent spectaculaire et affermi qu’il en devient omniscient et de pleine confusion. Nul besoin de comprendre il suffit de capter. Nulle offrande, nulle compensation pour la déréliction du présent et son aspect indésirable. Nulle consolation pour une si habituelle désolation. La déclaration  suffit, l’action explique de par soi, les effets  seront évalués au plus près de ceux qui étaient attendus en première intention.
Au plus fort de cette entreprise de désindividualisation, un ministre annonce puis débarque en un point de sa juridiction, se livre à une rafle démocratique, encadrée par la légalité de la Police, images nettes cadrages précis. Faisable grâce aux bons auspices qui gouvernent une opinion moisie, délitescente et asservie aux méthodes musclées mais humaines qui ont présidé au gommage géographique programmé d’un furoncle républicain nommé intuitivement la Jungle.

Le Mainate

Ajouté le Lundi 26 octobre 2009 à 11:05 par famo

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  Une fabrique d’Humanité :: [258 lecture(s)]
8)
L'édito du Mainate, réflexions contemporaines...

L'édito du Mainate! : Août 2009

Une fabrique d’Humanité

Tu ne te rappelles plus le jour exact. Un mercredi peut-être. De toute façon quelle importance. Un ami arrivé la veille décide de prolonger son séjour, il partira demain.
Et dans l’après-midi, sous un soleil perpendiculaire, dans la pénombre d’une maison aux volets mi-clos la discussion va bon train, va et vient, rien d’important et pourtant le flot de paroles tisse lentement, subrepticement, comme une source apparaît et coule pour la première fois, un espace, une toile entre les protagonistes, la conversation de ces deux personnalités réunies par les circonstances est la troisième personne qui participe mais sans être de la partie. Témoin muet et bienveillant.
Un autre ami arrive, il vient dire bonjour, au détour d’une promenade à vélo qui a voulu qu’il se perde et se retrouve ici, suant, transpirant par la chaleur accablante dans un air saturé et une atmosphère immobile et blanche, crue et perçante que la canicule provoque. Il se rafraîchit et fait connaissance avec le premier, la discussion reprend son cours et le sillon qui commençait à cautériser s’ouvre plus amplement. Une suite d’idées, une construction labyrinthique que rien n’arrête.
L’harmonie du jeu de Federer évoque l’attitude stoïque des anciens, partage des choses et détermination, puis une glissement comme une digression involontaire mais irrépressible vers la discussion des représentations, même les plus communément admises, sans doute pour exuder la réalité et non plus la subir comme tant de nos semblables, dans un salve cynique le monde médiatique est cerclé et sanctionné à la mesure de son outrecuidance, mais subsiste un interstice pour dénommer quelque théorie ou se remémorer avec force de détails l’action de but de ce match inoubliable mais que nous avons fini par perdre, et si la question fondamentale n’était pas plutôt de se souvenir que des choses désagréables pour ne pas avoir à les revivre ou de ne penser que pour ce qui vaut la peine...
Tu ne sais pas, tu préférerais aborder chaque question par une apriorité qui laisserait le champ libre à une divagation d’idées en valeur absolue et tu regardes l’heure et le programme (encore un match de foot) que tu veux regarder à déjà commencé, d’autres amis sont sur le point d’arriver, les enfants papillonnent dans le jardin et l’après-midi s’étire, détend l'air vibrant où des milliers d’automobiles chassent et croisent, et au moment où tes pensées vont à ces forcenés de l’asphalte tu te rends compte qu’ils n’ont aucune place là et tu te demandes à quoi bon penser à eux et tes amis sont autour de la table et le moment est décousu, agréable et informel, changeant, à géométrie variable quant il s’agit de causer d’une bonne table et de ce voyage à la capitale que tu racontes tel un étranger s’entretenant sur une lointaine contrée où les gens ont les yeux cernés et ternes, qui regardent dans le vide, où tout va trop vite et n’est plus à dimension humaine, où chanter dans la rue fait de toi un anormal et rire un inconséquent, mais ton accent fait fureur et provoque toute sorte de plaisanteries et amène les hôtes à t’envelopper d’une bienveillante condescendance amusante et pesante, une mauvaise étiquette sur un flacon précieux. C’est bientôt la nuit mais le temps se suspend.
Dans un joyeux désordre niche la vie, sans le fard des relations de prestige, au-delà des faux semblants pathétiques et des intérêts relationnels, contre toute attente et sans la moindre précipitation, sans aucune sorte de préméditation, courbant le cours des choses, infléchissant l’influence excédante d’un monde aseptisé à la superficialité surfaite. Tout se tient et le sentiment d’être auprès de gens qui ne sont pas toi mais ont quelque chose à voir avec ce que tu es au fond t’émeut.

Le Mainate

Ajouté le Lundi 24 août 2009 à 12:29 par famo

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  De juin en juillet :: [218 lecture(s)]
8)
L'édito du Mainate, réflexions contemporaines...

L'édito du Mainate! : Juin Juillet 2009

De juin en juillet

La disparition de cette fumeuse et foutraque chronique pendant plus d’un mois appelle l’explication. Sauf que je n’ai d’autre argument explicatif que le tarissement instantané de mon flot, comme la source du bossu s’écoule soudainement en un mince filet au tout début de la tragédie de Pagnol.
J’étais parti plein de fougue pour déblatérer et houspiller les 81 % d’abstentionnistes de la tranche 25/35 ans lors de la dernière consultation européenne. Leur dire mon courroux de les entendre ainsi piétiner le sens d’un rendez-vous démocratique, fût-il dérisoire, fusse-t-il abscons ou abstrus, et quand bien même leur vote ne changeât pas une ligne de cette Union Européenne qui par ailleurs j’abhorre dans sa forme présente et qui dans le même élan s’avère être une fantastique machine à produire  la paix entre ces légendaires ennemis d’antan, il n’en est pas moins irresponsable de leur part d’ainsi traiter la question du vote car à quelques encablures de l’occident qui fait la fine bouche en ne se rendant pas aux urnes, d’autres jeunes, moins chanceux d’être nés plus à l’est, réclament un vote digne et impartial et le juste respect de leur suffrages exprimés. Ces derniers, loin de se flétrir au soleil d’une belle après-midi de juin, ont retroussé leur courage pour affronter un pouvoir aussi torve que corrompu, aussi pervers que lâche, juste pour montrer que le sens du vote a encore un sens. Merci Téhéran, et pauvre jeunesse européenne, si repue de liberté qu’elle en oublie le goût et la saveur.
Ensuite je me suis promis de ne plus parler de politique, et j’ai cherché une échappatoire, le sujet salvateur tombé du fiel et au fil des jours j’imaginais pouvoir composer un édito en forme de poire, pour paraphraser Satie. J’aurai aligné quelques sentences bien de mon cru pour étendre ma culture aussi loin que me porte la pensée.
J’ai fini par abandonner faute de souffle suffisant. On peut aimer Satie, Monk et The Pretty Things sans pour autant ne rien piper à la musique et aux instruments, au langage qu’ils composent et aux notes qui traversent l’air.
J’ai passé alors du temps à parler pour ne rien dire et plus encore à me demander si au final ce que je voulais dire ne restait pas inexorablement entre les lignes. Perclus et souffreteux, j’ai bien tenté une sorte de rémission en lisant quelque sujet à la mode, espérant sans doute tirer quelque ficelle à faire en pelote.
Là encore les résultats furent probants : l’indigestion de mes écrits me tenaillait et j’en avais la nausée, si profonde et si vaste qu’il me fallut déchirer du papier, estropier le clavier du computeur, diligenter une vaste démarche d’audit interne et sans complexe pour aboutir aux conclusions les plus affligeantes. La courbe du moral fléchissait au fur et mesure que le temps s’accumulait. Vous aurez remarqué ce phénomène singulier : quand le temps est maussade dans le corps et l’esprit, il ne passe pas, il s’accumule. Et chaque jour est à lui seul une funeste entreprise de divagation continuelle pour tromper l’ennemi. Pas de droit de suite.
Et puis les autres parlent si bien de mes sujets qu’il devient stupide que je me frotte à leurs assertions bien mieux montées que mes propres élucubrations fantasques.
Alors je me dis qu’il faut changer de cap, choisir une autre focale, accepter la résignante attente de l’inspiration. Mon rédacteur en chef est un homme formidablement patient, une sorte d’être bienveillant et attentif à la moindre de mes lancinantes décompensations psychiques. Il sait jouer de la voix et moduler ses remarques. Pas un coup de fil narquois, pas une lettre recommandée aux formules emberlificotées assassines pour savoir où j’en étais, ni ce que je faisais au juste.
« Il y a des mois où le retard est affaire de temps ». Il avait raison.

Le Mainate

Ajouté le Vendredi 10 juillet 2009 à 15:37 par famo

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  Confusion, Insignifiance et Action :: [257 lecture(s)]
8)

L'édito du Mainate! : Mai 2009

Confusion, Insignifiance et Action

Toujours la même chose. Devoir recommencer. Reprendre.
Toujours les mêmes idées et les concepts qui agitent la pensée.
Et toujours les mêmes conclusions qui s’imposent.
L’horizon bouché du présent ne débouche que sur des approximations dont les contingences, les contraintes inhérentes sont des contradictions culturelles dont l’impasse est constitutive de deux phénomènes intimement liés et pourtant dissymétriques dans leur relation au Système.
Confusion et Insignifiance.
Confusion chez les tenants du Système. Chez les repus du Système. Leur théorie roborative abreuve les esprits de régulation, d’une liberté d’entreprendre qui nervure l’ensemble du corps social et des barrières qui restent encore à lever comme autant d’obstacles en travers du courant libéral dont le flot intarissable doit pouvoir se disséminer jusqu’à la dernière ramification des organismes. En proposant leur modèle, les discours capitalistes actuels, nommés également néo-libéraux faisant preuve de leur détermination à être à la pointe des concepts, font état d’un monde total, objectif parce que régi par les mêmes règles sans issue ni perspective autre que son aboutissement comme seule légitimité à son existence.
Bien sûr ces temps-ci on a mis en sourdine l’artefact intellectuel du vainqueur : privatiser, déréguler, financiariser. Le credo ne fait plus recette, le remède a un goût amer et rassis depuis qu’il faut se pencher au chevet du Système métastasé par ses propres gènes.
La confusion naît de la superposition des plans contradictoires, comme s’ils se confondaient et qu’il faille qu’ils entrent en symbiose : libérer le marché du travail et assurer les trajectoire professionnelles, développer une économie et satisfaire aux impératifs de l’écosystème. Il s’agit là de contradictions sui generis, enduites par le fonctionnement en propre du Système. La présence d’antagonismes dans les objectifs poursuivis est constante. Absurde et pourtant bien réelle est la poursuite sous l’impulsion de l’impératif d’efficacité, des politiques nucléaires alors que leur résolution temporelle est inconnue.
Alors que les faits nous renseignent sur la nature des dysfonctionnements nous continuons d’allonger la liste des scories, tandis qu’au règne de la Confusion, la cour convoque son cénacle afin d’édicter de nouvelles règles sans jamais oser envisager la restructuration de l’ensemble.
La Confusion s’auto entretient et sert à ceux pour qui la permanence du chaos est source intarissable de profits.
Une autre conséquence majeure du dogme abrutissant s’avère être en dernière instance l’Insignifiance de notre capacité d’appréhension tout d’abord, qui ne cherche qu’à circonscrire les crises et notre apathie ensuite à élaborer des solutions qui n’avalisent pas la structure du Système capitaliste. Envisageables non pas comme hypothèses utopistes mais acceptées comme solutions à éprouver.
Ce travail théorique est de la responsabilité des mouvements de Gauche. Mais là, force est de constater que le vide sidéral des lignes de force idéologiques, socle de toute valeur à l’engagement politique sont inexistantes, que leur expression est d’une mollesse rare par temps de crise. Cette seule caractéristique condamne une attitude inerte sur le plan d’une réelle opposition à l’ordre établi. L’insignifiance avec laquelle la Gauche s’empare de la réalité, la focale étroite de l’alternance à tout prix et la professionnalisation de ses acteurs politiques conduit la Gauche à déclarer son impuissance manifeste. Incapable de dire une vision en devenir des valeurs qui animent son adhésion à un projet émancipateur et dynamique.
L’Action est notre pouvoir, agir seul ou ensemble à faire que s’éclairent les interstices de conduites en deçà de la Confusion et de l’Insignifiance.

Le Mainate

Ajouté le Mardi 26 mai 2009 à 10:54 par famo

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  Ce que penser veut dire :: [204 lecture(s)]
8)

L'édito du Mainate! : Avril 2009

Ce que penser veut dire

Cogito ergo sum écrit Descartes signifiant par cette épitaphe toute la singularité de la condition humaine.
En français la locution latine prend la forme d’un Je pense donc je suis qui a fière allure et fait montre d’une hautaine autosatisfaction à celui qui la formule à tout va. Comme un slogan pourléché, comme une pub météorique atteignant sa cible de plein fouet.
Faute d’avancée significative expiatrice et explicative du mystère qui fonde cette sentence, la proférer ne dit rien des qualités requises pour se l’approprier.
La concision de la proposition, son caractère factuel de l’état de fait décrit, et la conséquence induite comme allant de soi grâce à la conjonction donc, en font une commodité d’esprit pour falots et autres stipendiaires de la pensée. Pour ces derniers, la tendance est à lire Descartes de droite à gauche : Je suis donc je pense.
De fait, une société qui valorise tout à la fois l’individu en sa position centrale et unique avec lui-même et sa propension à émettre des idées comme support d’une capacité d’être au monde unipersonnelle masque mal le caractère délétère de son identité unidimensionnelle.Et d’ainsi pérorer l’acte de penser se résume en l’être jusqu’à ce que l’insignifiance, cette apathie moderne s’accoquine et se fixe dans les beaux esprits.
Dans ce tableau saisissant d’une période de basculement certain, et bien que l’autre versant reste encore dans les limbes d’un brouillard impénétrable, on trouve encore les tenants de la garde empêtrés dans leurs discours raides et compassés. Ils nous disent l’avenir difficile mais surmontable et retour à la normale. Si fiers et satisfaits d’entrevoir des perspectives novatrices affichées à la conclusion des travaux du G 20. Souscrivant au dogme du : on accommode les règles, on réaménage, pour autant on ne change pas de cadre de jeu. Et c’est bien là le problème essentiel de cette problématique.
Nous savons que notre système est irréformable pas plus qu’il ne peut être moralisé. Cela reviendrait à dire qu’on accepte l’appât du gain privé comme forme des rapports sociaux, qu’il existe un code de conduite pour détrousser les richesses d’un pays, que l’on veut voir certains jubiler d’une spéculation réussie pourvu que menée selon les normes. C’est agréer la règle scélérate et la loi comme outre aux intérêts des puissants. C’est biffer sur les lignes de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen nos engagements les plus fondamentaux : équité du partage des richesses, Etat au service des citoyens. Il est certes difficile d’imaginer un monde organisé autrement, selon les intérêts de la Planète, dans lequel la solidarité entre le Nord et le Sud ne soit pas régi selon la visée chiffrée des taux d’intérêt et des réformes de structure visant à les mettre au pas d’une économie monde moribonde et barbare.
Ce que penser veut dire c’est qu’il est temps de s’intéresser à la démarche de la démarche, d’étudier non plus seulement les conséquences mais aussi et surtout les causes initiales, de prendre de la distance. Nous pressentons au fond que la crise du modèle capitaliste est une crise de structure. Ne pas pouvoir imaginer un autre système ne saurait suffire à s’en contenter intellectuellement. La dislocation arrive à grand fracas et l’écosystème n’a que faire de belles déclarations fussent-elles de principe.
Le capitalisme a 300 ans et son bilan est un passif désolant de ruines et de guerres et d’esclaves et de sacrifices écologiques irréparables. Son mode de pensée est si prégnant que le réflexe pavlovien qui nous surprend est souvent celui de n’avoir d’autre matière à penser que ses schèmes éculés de propriété privée des moyens de production, de croissance et de développement, d’intensification de la destruction des réserves naturelles de la Planète pour le seul profit et l’accumulation.

Le Mainate

Ajouté le Mardi 21 avril 2009 à 18:08 par famo

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