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Confusion, Insignifiance et Action :: [20 lecture(s)] |
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L'édito du Mainate! : Mai 2009
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Confusion, Insignifiance et Action
Toujours la même chose. Devoir recommencer. Reprendre.
Toujours les mêmes idées et les concepts qui agitent la pensée.
Et toujours les mêmes conclusions qui s’imposent.
L’horizon bouché du présent ne débouche que sur des approximations dont les contingences, les contraintes inhérentes sont des contradictions culturelles dont l’impasse est constitutive de deux phénomènes intimement liés et pourtant dissymétriques dans leur relation au Système.
Confusion et Insignifiance.
Confusion chez les tenants du Système. Chez les repus du Système. Leur théorie roborative abreuve les esprits de régulation, d’une liberté d’entreprendre qui nervure l’ensemble du corps social et des barrières qui restent encore à lever comme autant d’obstacles en travers du courant libéral dont le flot intarissable doit pouvoir se disséminer jusqu’à la dernière ramification des organismes. En proposant leur modèle, les discours capitalistes actuels, nommés également néo-libéraux faisant preuve de leur détermination à être à la pointe des concepts, font état d’un monde total, objectif parce que régi par les mêmes règles sans issue ni perspective autre que son aboutissement comme seule légitimité à son existence.
Bien sûr ces temps-ci on a mis en sourdine l’artefact intellectuel du vainqueur : privatiser, déréguler, financiariser. Le credo ne fait plus recette, le remède a un goût amer et rassis depuis qu’il faut se pencher au chevet du Système métastasé par ses propres gènes.
La confusion naît de la superposition des plans contradictoires, comme s’ils se confondaient et qu’il faille qu’ils entrent en symbiose : libérer le marché du travail et assurer les trajectoire professionnelles, développer une économie et satisfaire aux impératifs de l’écosystème. Il s’agit là de contradictions sui generis, enduites par le fonctionnement en propre du Système. La présence d’antagonismes dans les objectifs poursuivis est constante. Absurde et pourtant bien réelle est la poursuite sous l’impulsion de l’impératif d’efficacité, des politiques nucléaires alors que leur résolution temporelle est inconnue.
Alors que les faits nous renseignent sur la nature des dysfonctionnements nous continuons d’allonger la liste des scories, tandis qu’au règne de la Confusion, la cour convoque son cénacle afin d’édicter de nouvelles règles sans jamais oser envisager la restructuration de l’ensemble.
La Confusion s’auto entretient et sert à ceux pour qui la permanence du chaos est source intarissable de profits.
Une autre conséquence majeure du dogme abrutissant s’avère être en dernière instance l’Insignifiance de notre capacité d’appréhension tout d’abord, qui ne cherche qu’à circonscrire les crises et notre apathie ensuite à élaborer des solutions qui n’avalisent pas la structure du Système capitaliste. Envisageables non pas comme hypothèses utopistes mais acceptées comme solutions à éprouver.
Ce travail théorique est de la responsabilité des mouvements de Gauche. Mais là, force est de constater que le vide sidéral des lignes de force idéologiques, socle de toute valeur à l’engagement politique sont inexistantes, que leur expression est d’une mollesse rare par temps de crise. Cette seule caractéristique condamne une attitude inerte sur le plan d’une réelle opposition à l’ordre établi. L’insignifiance avec laquelle la Gauche s’empare de la réalité, la focale étroite de l’alternance à tout prix et la professionnalisation de ses acteurs politiques conduit la Gauche à déclarer son impuissance manifeste. Incapable de dire une vision en devenir des valeurs qui animent son adhésion à un projet émancipateur et dynamique.
L’Action est notre pouvoir, agir seul ou ensemble à faire que s’éclairent les interstices de conduites en deçà de la Confusion et de l’Insignifiance.
Le Mainate |
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Ce que penser veut dire :: [28 lecture(s)] |
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L'édito du Mainate! : Avril 2009
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Ce que penser veut dire
Cogito ergo sum écrit Descartes signifiant par cette épitaphe toute la singularité de la condition humaine.
En français la locution latine prend la forme d’un Je pense donc je suis qui a fière allure et fait montre d’une hautaine autosatisfaction à celui qui la formule à tout va. Comme un slogan pourléché, comme une pub météorique atteignant sa cible de plein fouet.
Faute d’avancée significative expiatrice et explicative du mystère qui fonde cette sentence, la proférer ne dit rien des qualités requises pour se l’approprier.
La concision de la proposition, son caractère factuel de l’état de fait décrit, et la conséquence induite comme allant de soi grâce à la conjonction donc, en font une commodité d’esprit pour falots et autres stipendiaires de la pensée. Pour ces derniers, la tendance est à lire Descartes de droite à gauche : Je suis donc je pense.
De fait, une société qui valorise tout à la fois l’individu en sa position centrale et unique avec lui-même et sa propension à émettre des idées comme support d’une capacité d’être au monde unipersonnelle masque mal le caractère délétère de son identité unidimensionnelle.Et d’ainsi pérorer l’acte de penser se résume en l’être jusqu’à ce que l’insignifiance, cette apathie moderne s’accoquine et se fixe dans les beaux esprits.
Dans ce tableau saisissant d’une période de basculement certain, et bien que l’autre versant reste encore dans les limbes d’un brouillard impénétrable, on trouve encore les tenants de la garde empêtrés dans leurs discours raides et compassés. Ils nous disent l’avenir difficile mais surmontable et retour à la normale. Si fiers et satisfaits d’entrevoir des perspectives novatrices affichées à la conclusion des travaux du G 20. Souscrivant au dogme du : on accommode les règles, on réaménage, pour autant on ne change pas de cadre de jeu. Et c’est bien là le problème essentiel de cette problématique.
Nous savons que notre système est irréformable pas plus qu’il ne peut être moralisé. Cela reviendrait à dire qu’on accepte l’appât du gain privé comme forme des rapports sociaux, qu’il existe un code de conduite pour détrousser les richesses d’un pays, que l’on veut voir certains jubiler d’une spéculation réussie pourvu que menée selon les normes. C’est agréer la règle scélérate et la loi comme outre aux intérêts des puissants. C’est biffer sur les lignes de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen nos engagements les plus fondamentaux : équité du partage des richesses, Etat au service des citoyens. Il est certes difficile d’imaginer un monde organisé autrement, selon les intérêts de la Planète, dans lequel la solidarité entre le Nord et le Sud ne soit pas régi selon la visée chiffrée des taux d’intérêt et des réformes de structure visant à les mettre au pas d’une économie monde moribonde et barbare.
Ce que penser veut dire c’est qu’il est temps de s’intéresser à la démarche de la démarche, d’étudier non plus seulement les conséquences mais aussi et surtout les causes initiales, de prendre de la distance. Nous pressentons au fond que la crise du modèle capitaliste est une crise de structure. Ne pas pouvoir imaginer un autre système ne saurait suffire à s’en contenter intellectuellement. La dislocation arrive à grand fracas et l’écosystème n’a que faire de belles déclarations fussent-elles de principe.
Le capitalisme a 300 ans et son bilan est un passif désolant de ruines et de guerres et d’esclaves et de sacrifices écologiques irréparables. Son mode de pensée est si prégnant que le réflexe pavlovien qui nous surprend est souvent celui de n’avoir d’autre matière à penser que ses schèmes éculés de propriété privée des moyens de production, de croissance et de développement, d’intensification de la destruction des réserves naturelles de la Planète pour le seul profit et l’accumulation.
Le Mainate |
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